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Fairmont Château Laurier : au cœur du légendaire château ferroviaire d’Ottawa

By Yvan Junior Blanchette20 min read
Fairmont Château Laurier : au cœur du légendaire château ferroviaire d’Ottawa
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Le Chteau Laurier n du Titanic
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Dressé au bord des écluses du canal Rideau, face à la colline du Parlement, le Fairmont Château Laurier ressemble moins à un hôtel qu’à un monument autour duquel Ottawa aurait été construite. Depuis plus d’un siècle, ses murs de pierre calcaire, son toit de cuivre, ses lucarnes et sa silhouette inspirée des châteaux français dominent le cœur de la capitale.

Son histoire commence avec un magnat du chemin de fer, un hôtel encore inachevé et une traversée à bord du navire le plus célèbre de l’histoire. Elle se poursuit entre politique canadienne, visites royales, portraits historiques, récits de fantômes et mystérieux coups frappés à la porte de la chambre 148.

Le Château Laurier n’est pas simplement l’un des plus prestigieux hôtels d’Ottawa. Il est le témoin d’une époque où le Canada construisait des chemins de fer à travers le continent, puis érigeait des châteaux le long des rails.

Table des matières

  1. Pourquoi le Château Laurier est si important
  2. Un château construit pour le chemin de fer
  3. Charles Melville Hays et le Titanic
  4. L’ouverture du grand hôtel d’Ottawa
  5. Architecture et design
  6. Yousuf Karsh et les portraits de l’histoire
  7. La vie politique au Château
  8. Chambres, suites et Fairmont Or
  9. Restaurants et thé de l’après-midi
  10. La piscine Art déco
  11. Mythes, légendes et fantômes
  12. Notre expérience dans la chambre 148
  13. Ce qu’il faut voir à l’intérieur
  14. Les attraits à découvrir autour de l’hôtel
  15. Ce qu’il faut savoir avant d’y séjourner
  16. Le Château Laurier en vaut-il la peine?
  17. Le voyage ferroviaire se poursuit

Pourquoi le Château Laurier est si important

Certains hôtels sont luxueux. D’autres sont historiques. Quelques rares établissements deviennent indissociables de l’identité de la ville qui les entoure.

Le Fairmont Château Laurier appartient à cette dernière catégorie.

Son emplacement suffirait déjà à le rendre exceptionnel. L’hôtel se trouve entre le canal Rideau, le parc Major’s Hill et le marché By, directement en face de la colline du Parlement et à côté de l’ancienne gare Union d’Ottawa.

Depuis certaines chambres, les voyageurs peuvent contempler les écluses du canal Rideau et les édifices du Parlement. Du côté est, les vues s’ouvrent sur le parc et la rivière des Outaouais.

Mais sa situation géographique n’explique qu’une partie de son importance.

Le Château a accueilli des monarques, des chefs d’État, des premiers ministres, des acteurs, des musiciens, des diplomates et des journalistes. Des décisions politiques ont été discutées dans ses suites. Des célébrations, des négociations et quelques scandales ont animé ses salons. L’un des plus grands portraitistes du 20e siècle a vécu et travaillé à l’intérieur de l’hôtel pendant près de deux décennies.

Bien avant que le nom Fairmont apparaisse au-dessus de son entrée, le Château Laurier faisait partie d’une ambition beaucoup plus vaste : construire un chemin de fer à travers le Canada et accompagner ce voyage d’hôtels dignes d’un empire.


Un château construit pour le chemin de fer

Au début du 20e siècle, les compagnies ferroviaires canadiennes ne se contentaient pas de transporter les voyageurs d’une ville à l’autre. Elles contribuaient à créer les destinations que ces voyageurs allaient visiter.

Le Canadien Pacifique avait déjà compris la formule. Il suffisait de construire une voie ferrée à travers des paysages spectaculaires, d’ériger un hôtel remarquable aux endroits les plus impressionnants, puis d’inviter une clientèle fortunée à entreprendre le voyage.

La Grand Trunk Railway souhaitait développer son propre réseau transcontinental et sa propre collection d’hôtels prestigieux. Charles Melville Hays, président américain de la compagnie, devint l’une des principales forces derrière cette vision.

Hays commanda la construction du Château Laurier en 1907.

Son emplacement fut choisi avec soin. L’hôtel devait s’élever à côté de la nouvelle gare d’Ottawa de la Grand Trunk Railway, permettant aux voyageurs d’arriver dans la capitale et de passer presque directement du train au grand hôtel.

La gare existe toujours, mais les trains n’y arrivent plus. Le bâtiment est devenu le Centre de conférences du gouvernement, puis le siège temporaire du Sénat du Canada.

L’hôtel et la gare furent conçus comme des partenaires architecturaux. Ces deux bâtiments monumentaux annonçaient qu’Ottawa entrait dans une nouvelle ère de transport, de tourisme et d’ambition nationale.

La construction de l’hôtel commença en 1909. Du granit, du calcaire de l’Indiana, du marbre italien et un toit de cuivre furent utilisés afin de donner au bâtiment une impression de permanence.

Le Château ne devait pas être un hôtel à la mode destiné à paraître démodé une génération plus tard. Il était conçu pour devenir un monument.

Avant de pouvoir admirer l’œuvre achevée, Charles Melville Hays prit toutefois une décision qui allait relier pour toujours le Château Laurier au Titanic.


Charles Melville Hays et le Titanic

Au printemps 1912, Charles Melville Hays se trouvait en Angleterre pour les affaires de la compagnie ferroviaire. À Ottawa, le Château Laurier était presque terminé et son ouverture officielle devait avoir lieu en avril.

Hays devait rentrer au Canada.

Il voyageait avec son épouse Clara, leur fille Orian, leur gendre Thornton Davidson, son secrétaire Vivian Payne et leur femme de chambre, Mary Anne Perreault.

Paul Chevré, le sculpteur français ayant réalisé le buste de sir Wilfrid Laurier destiné à l’hôtel, se trouvait également à bord.

Pour traverser l’Atlantique, le groupe monta à bord du paquebot le plus récent, le plus luxueux et le plus célèbre du monde.

Le RMS Titanic quitta Southampton le 10 avril 1912 pour son voyage inaugural vers New York.

Hays entretenait des relations professionnelles avec J. Bruce Ismay et la White Star Line. Le dirigeant ferroviaire aurait notamment discuté de la possibilité de coordonner les services maritimes et ferroviaires afin de créer un voyage continu reliant l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie.

Le Titanic incarnait la même confiance envers la vitesse, la taille et le progrès technologique qui avait stimulé le développement du chemin de fer au Canada.

Selon certains récits associés à la traversée, Hays aurait exprimé son inquiétude devant la compétition de plus en plus féroce entre les compagnies maritimes et leur volonté de construire des navires toujours plus grands et plus rapides. Il aurait même prédit que cette tendance finirait un jour par provoquer une terrible catastrophe.

Quelques heures plus tard, peu avant minuit le 14 avril, le Titanic heurta un iceberg.

Pendant l’évacuation, Clara Hays, Orian Davidson et Mary Anne Perreault prirent place dans un canot de sauvetage et survécurent. Charles Hays, Thornton Davidson et Vivian Payne restèrent à bord et périrent lors du naufrage.

Le corps de Hays fut récupéré par le navire câblier Minia le 26 avril. Sa dépouille fut ramenée à Montréal à bord de sa voiture ferroviaire privée, puis inhumée au cimetière Mont-Royal.

L’ouverture du Château Laurier fut reportée.

L’homme qui avait imaginé le grand hôtel ferroviaire d’Ottawa ne verrait jamais son projet terminé.


L’ouverture du grand hôtel d’Ottawa

Le Château Laurier ouvrit finalement ses portes en juin 1912, dans l’ombre du naufrage du Titanic.

Sir Wilfrid Laurier, l’ancien premier ministre dont l’hôtel portait le nom, participa à l’inauguration officielle. Son buste, sculpté par Paul Chevré, fait toujours partie de la collection de l’établissement.

Le Château comptait alors plus de 300 chambres, ainsi que des salons, des salles à manger et de vastes espaces conçus pour les rencontres politiques, les réceptions diplomatiques et les grands événements mondains.

Sa construction coûta environ deux millions de dollars, une somme considérable pour l’époque. Les espaces intérieurs comportaient du marbre, des boiseries, des colonnes décoratives, des plafonds finement travaillés et des salles publiques aux proportions imposantes.

Le Château devint rapidement l’un des principaux lieux de rencontre d’Ottawa.

Son rôle dépassait largement celui d’un hôtel. Dans une capitale qui développait encore ses institutions sociales et politiques, l’établissement servait de point de rencontre aux personnes qui gouvernaient le pays, racontaient son actualité ou venaient le visiter.

La Grand Trunk Railway ne survécut pas comme compagnie indépendante. Après d’importantes difficultés financières, ses activités furent absorbées par le Canadien National au début des années 1920.

Le Château Laurier devint alors l’un des hôtels les plus prestigieux du Canadien National.

Plusieurs décennies plus tard, les collections hôtelières du Canadien National et du Canadien Pacifique furent réunies sous la bannière Fairmont. Plusieurs anciens rivaux de l’époque ferroviaire se retrouvèrent ainsi au sein d’une même famille d’hôtels.


Architecture et design

Le Château Laurier est souvent décrit comme un bâtiment néogothique français, même si son architecture combine plusieurs influences.

Ses toits de cuivre très inclinés, ses tourelles, ses lucarnes et sa silhouette irrégulière évoquent les grands châteaux de la vallée de la Loire. Ses lignes verticales et ses détails gothiques lui permettent de s’intégrer naturellement au paysage architectural du Parlement voisin.

L’extérieur est principalement recouvert de calcaire pâle provenant de l’Indiana. Avec le temps, le toit de cuivre s’est oxydé et a pris la couleur verte maintenant associée à plusieurs des bâtiments publics les plus reconnaissables du Canada.

À l’intérieur, l’atmosphère passe du monumental à l’intime. Les planchers de marbre, les colonnes, les lustres et les plafonds décoratifs établissent la grandeur du lieu. Les corridors plus étroits, les détours inattendus et les différences entre les chambres révèlent plutôt son âge.

Il ne s’agit pas d’un hôtel contemporain parfaitement symétrique. Le Château a évolué à travers les agrandissements, les rénovations et les changements dans notre conception du luxe.

Les chambres ne possèdent pas toutes la même configuration. Certains corridors donnent presque l’impression d’un labyrinthe et quelques espaces possèdent davantage de caractère historique que d’autres.

Cette irrégularité fait partie de l’expérience. Le bâtiment semble avoir accumulé son histoire plutôt que d’avoir été créé d’un seul geste.


Yousuf Karsh et les portraits de l’histoire

L’un des chapitres les plus importants de l’histoire du Château Laurier appartient à Yousuf Karsh.

Le photographe arméno-canadien installa son studio à l’intérieur de l’hôtel et y travailla pendant de nombreuses années. Karsh devint mondialement connu pour ses portraits capables de révéler à la fois l’autorité publique et le caractère privé de ses sujets.

Sa photographie la plus célèbre, le portrait de Winston Churchill réalisé en 1941 et connu sous le nom de The Roaring Lion, fut prise après un discours de Churchill devant le Parlement canadien.

L’histoire derrière la photographie est presque aussi célèbre que le portrait.

Churchill tenait un cigare et refusait de le déposer. Karsh s’approcha de lui, retira le cigare, puis retourna rapidement derrière son appareil.

L’expression capturée quelques secondes plus tard, déterminée, irritée et immédiatement reconnaissable, produisit l’un des portraits les plus marquants du 20e siècle.

Karsh photographia des membres de familles royales, des dirigeants politiques, des scientifiques, des écrivains, des acteurs et des artistes. Parmi ses sujets figurent la reine Elizabeth II, Albert Einstein, Ernest Hemingway, Pablo Picasso, Audrey Hepburn et Nelson Mandela.

Plusieurs portraits de Karsh sont toujours exposés dans le Château Laurier, particulièrement autour du salon Zoe’s et dans la suite Karsh.

Ces photographies ne devraient pas être considérées comme de simples éléments décoratifs. Ensemble, elles forment une remarquable galerie de l’histoire du 20e siècle.


La vie politique au Château

Peu d’hôtels entretiennent une relation aussi étroite avec un gouvernement national que le Château Laurier.

La colline du Parlement se trouve à quelques minutes de marche. Pendant des générations, politiciens, journalistes, fonctionnaires, diplomates et dignitaires étrangers ont utilisé l’hôtel comme une extension officieuse des institutions politiques d’Ottawa.

Des premiers ministres y ont séjourné. Des soirées électorales ont été suivies depuis ses chambres. Des stratégies politiques ont été discutées autour d’un verre et des journalistes y ont rencontré leurs sources.

La proximité du Parlement rendait le Château particulièrement utile pendant les transitions politiques, les conférences internationales et les visites d’État.

L’hôtel offrait également quelque chose que les bâtiments gouvernementaux ne pouvaient pas toujours garantir : une certaine intimité cachée derrière les apparences ordinaires de l’hospitalité.

Une conversation dans un salon d’hôtel pouvait sembler sociale, même lorsqu’elle était tout sauf anodine.

Le Château a également accueilli des membres de la famille royale et de nombreuses personnalités internationales. Sa liste d’invités forme une histoire parallèle de la diplomatie canadienne, racontée à travers les registres, les menus de banquet et les photographies plutôt que par les textes de loi.


Chambres, suites et Fairmont Or

Le Fairmont Château Laurier propose aujourd’hui plusieurs catégories de chambres et de suites. Comme il s’agit d’un bâtiment historique, les dimensions et les configurations peuvent varier, même à l’intérieur d’une même catégorie.

Les chambres Fairmont représentent la manière la plus accessible de séjourner dans ce monument. Les voyageurs habitués aux dimensions généreuses des hôtels contemporains devraient toutefois lire attentivement les descriptions avant de réserver.

Les chambres Fairmont avec vue constituent l’une des améliorations les plus intéressantes. Selon leur emplacement, elles peuvent donner sur le Parlement, les écluses du canal Rideau ou le centre-ville d’Ottawa.

Les chambres Signature et Deluxe offrent généralement plus d’espace ou des configurations plus distinctives. Certaines suites d’angle profitent particulièrement bien de l’architecture du bâtiment et proposent des vues remarquables.

L’hôtel possède également une vaste suite présidentielle et une suite Hays, nommée en hommage à Charles Melville Hays.

Pour les voyageurs recherchant une expérience plus exclusive, Fairmont Or fonctionne comme un hôtel à l’intérieur de l’hôtel.

Les chambres Fairmont Or comprennent l’accès à un salon privé, un service personnalisé, le petit-déjeuner et des canapés servis en soirée. La valeur de cette formule dépend de la différence de prix et du temps que l’on prévoit passer à l’hôtel, mais elle peut améliorer considérablement un court séjour de luxe.

Pour plusieurs voyageurs, la meilleure utilisation du budget n’est pas nécessairement de choisir la plus grande chambre.

Une chambre bien située avec vue sur le Parlement ou le canal peut offrir une expérience plus mémorable qu’une chambre plus spacieuse donnant sur une cour intérieure.


Restaurants et thé de l’après-midi

Zoe’s est le principal salon du Château et l’un de ses espaces publics les plus élégants. On y sert des cocktails, des repas légers et le traditionnel thé de l’après-midi.

Cette expérience convient particulièrement bien à l’atmosphère de l’hôtel. Scones anglais, bouchées salées, pâtisseries et sélection de thés sont servis dans un décor naturellement lié à l’histoire du bâtiment.

Il ne s’agit pas d’une activité bon marché et les réservations sont recommandées, particulièrement la fin de semaine et pendant les périodes de fêtes. Elle permet néanmoins aux visiteurs qui ne séjournent pas à l’hôtel d’en découvrir l’intérieur et l’ambiance.

La Terrasse ouvre pendant la belle saison et propose des repas à l’extérieur avec vue sur le Parlement et le canal. Lors d’une agréable soirée d’été à Ottawa, son emplacement est difficile à surpasser.

L’offre culinaire de l’hôtel évolue. Il est donc préférable de vérifier les menus, les heures d’ouverture et les restaurants disponibles avant le séjour.


La piscine Art déco

L’une des installations les plus atmosphériques du Château Laurier se cache sous ses principaux espaces publics.

La piscine intérieure adopte un style Art déco, avec des lignes géométriques et une élégance sobre très différente de l’architecture extérieure inspirée des châteaux français.

La piscine fait partie du centre de conditionnement physique et son accès est offert aux clients de l’hôtel.

Il ne s’agit pas d’une piscine de complexe de villégiature avec glissades, cabanas et vastes espaces extérieurs. Son intérêt vient de son architecture, de son ambiance tranquille et de l’impression de découvrir un lieu caché dans les fondations d’un bâtiment centenaire.

L’hôtel possède également un centre d’entraînement et propose des soins par l’intermédiaire du Relax Luxe Spa.

Pour les familles, la piscine intérieure ajoute une valeur appréciable, particulièrement pendant les mois plus froids. Pour les adultes, elle constitue simplement l’un des espaces les plus singuliers du Château.


Mythes, légendes et fantômes

Aucun grand château ferroviaire canadien ne semble pouvoir traverser plus d’un siècle sans accueillir au moins un fantôme.

Au Château Laurier, une partie importante de sa réputation paranormale se concentre autour du cinquième étage.

Des visiteurs et des employés auraient entendu des pas dans des corridors déserts, aperçu des portes bouger sans raison apparente, remarqué des bruits inexpliqués ou ressenti la présence d’une personne qu’ils ne pouvaient pas voir.

Certaines histoires identifient cette présence mystérieuse comme étant celle de Charles Melville Hays.

Le récit est presque irrésistible. Hays avait imaginé l’hôtel, supervisé son développement et devait rentrer au Canada pour son inauguration. Il est mort avant de pouvoir entrer dans le bâtiment achevé.

Selon la légende, il serait finalement revenu sous une autre forme afin d’inspecter son Château.

D’autres histoires concernent Clara Hays.

Pendant une visite historique autorisée de l’hôtel, notre guide a expliqué que Clara aurait repris les rênes du Château après la mort de son mari et qu’elle serait décédée beaucoup plus tard à l’intérieur de l’établissement.

Les documents historiques accessibles au public présentent toutefois une version différente.

Le Château appartenait à la Grand Trunk Railway et non personnellement à Charles Hays. La biographie documentée de Clara indique qu’elle est décédée à Montréal en 1955 et ne lui attribue pas officiellement la direction de l’hôtel.

Cela ne signifie pas nécessairement que le guide a inventé cette histoire.

Il pourrait s’agir d’une tradition conservée dans les archives internes du Château, d’un rôle informel joué par Clara après le décès de son mari ou d’une combinaison de plusieurs histoires progressivement réunies au fil des décennies.

C’est précisément à cet endroit que l’histoire officielle rencontre le folklore hôtelier.

Les faits confirmés sont déjà remarquables. Charles Hays a péri à bord du Titanic avant l’ouverture de l’hôtel, tandis que son épouse et sa fille ont survécu. Le reste appartient à la tradition orale du Château, transmise d’un guide, d’un employé ou d’un client à l’autre.

Personne ne peut prouver que Charles Hays hante le cinquième étage.

Dans un bâtiment ayant accumulé plus d’un siècle de pouvoir politique, de célébrations, de deuils et de drames humains, l’absence complète de fantômes serait peut-être la version la moins crédible.


Notre expérience dans la chambre 148

Pendant notre séjour de quatre jours au Château Laurier, nous n’avons vu aucune apparition.

Aucun magnat du chemin de fer n’a traversé notre corridor et Charles Melville Hays, s’il continue réellement à inspecter son hôtel, s’est montré remarquablement discret.

Quelque chose d’étrange s’est néanmoins produit dans la chambre 148.

À deux reprises pendant notre séjour, en pleine nuit, nous avons clairement entendu quelqu’un frapper à notre porte.

Nous étions plusieurs dans la chambre et nous avons tous entendu les mêmes coups. Il ne s’agissait donc pas d’un bruit lointain remarqué par une seule personne à moitié endormie.

Nous avons ouvert la porte, mais personne ne se trouvait dans le corridor.

Après ces incidents, nous avons communiqué avec la réception afin de savoir si un membre du personnel avait été envoyé à notre chambre. On nous a répondu qu’aucun employé n’était venu frapper à notre porte et que l’hôtel n’avait aucune explication particulière à nous donner.

Plusieurs explications rationnelles sont possibles.

Un autre client a peut-être frappé à la mauvaise porte avant de repartir rapidement. Des enfants pourraient avoir joué dans le corridor. Un bruit provenant d’une chambre voisine a peut-être voyagé à travers les murs ou été déformé par l’acoustique du bâtiment.

Les hôtels historiques produisent des sons étranges. Les portes sont lourdes, la plomberie travaille, les planchers bougent légèrement et les longs corridors compliquent parfois l’identification de la source d’un bruit.

Il reste malgré tout un détail difficile à ignorer.

Les coups étaient clairs, toutes les personnes présentes les ont entendus et le corridor était vide les deux fois.

Nous ne prétendons donc pas avoir rencontré l’un des fantômes du Château Laurier. Si quelqu’un, ou quelque chose, est venu visiter la chambre 148 pendant notre séjour, notre mystérieux visiteur n’est simplement pas resté assez longtemps pour se présenter.


Ce qu’il faut voir à l’intérieur

Même les voyageurs qui ne passent pas la nuit au Château peuvent découvrir plusieurs de ses espaces.

Le hall principal

Le hall établit immédiatement le caractère architectural de l’établissement. La pierre, le marbre, les colonnes et les lustres créent l’atmosphère d’un grand château européen.

Les portraits de Karsh

Les photographies exposées autour de Zoe’s et dans les autres espaces publics forment l’une des collections culturelles les plus importantes de l’hôtel.

Le buste de Laurier

Le buste de sir Wilfrid Laurier rappelle à la fois l’homme dont l’hôtel porte le nom et le lien entre le sculpteur Paul Chevré et le Titanic.

Les salles de réception

L’accès peut être limité lorsqu’un événement privé est en cours, mais les salons historiques révèlent l’importance du Château dans la vie sociale et politique d’Ottawa.

La piscine Art déco

La piscine étant normalement réservée aux clients, elle constitue l’un des avantages de séjourner au Château plutôt que de simplement le visiter.

La façade depuis le parc Major’s Hill

L’une des meilleures perspectives sur l’hôtel se trouve dans les sentiers et les espaces verts du parc Major’s Hill. De cet endroit, on peut admirer les tourelles et la ligne du toit loin de l’agitation de la rue Rideau.


Les attraits à découvrir autour de l’hôtel

Le Château Laurier possède l’un des meilleurs emplacements de tous les hôtels du Canada. Plusieurs des principaux attraits d’Ottawa sont accessibles à pied.

La colline du Parlement

Le centre du gouvernement fédéral canadien se trouve directement en face de l’hôtel. Les possibilités de visite varient selon les travaux et les activités parlementaires. Il est préférable de réserver à l’avance.

Les écluses du canal Rideau

Les premières écluses du canal descendent le long de l’hôtel vers la rivière des Outaouais. Le canal Rideau est un site du patrimoine mondial de l’UNESCO et l’un des éléments les plus emblématiques de la capitale.

Le parc Major’s Hill

Situé immédiatement derrière le Château, ce parc propose des sentiers, des vues sur la rivière et d’excellents points d’observation sur l’hôtel et le Parlement.

Le marché By

Les restaurants, bars, commerces alimentaires et étals du marché commencent à quelques minutes de marche. Le quartier devient particulièrement animé en soirée.

Le Musée des beaux-arts du Canada

Le musée se trouve à une distance de marche raisonnable et abrite l’une des plus importantes collections d’art canadien, autochtone et international au pays.

La basilique-cathédrale Notre-Dame

Située en face du Musée des beaux-arts, la cathédrale est l’un des édifices religieux les plus impressionnants d’Ottawa.

Le Musée canadien de l’histoire

Le musée se trouve de l’autre côté de la rivière, à Gatineau. On peut s’y rendre en taxi, en transport collectif ou à pied par le pont Alexandra lorsque les conditions et l’accès le permettent.


Ce qu’il faut savoir avant d’y séjourner

Choisissez soigneusement la vue

Une vue sur le Parlement ou le canal Rideau contribue énormément à l’expérience. Les chambres donnant sur une cour intérieure peuvent être plus tranquilles, mais elles n’offrent pas le même sentiment d’être au cœur d’Ottawa.

Les chambres historiques ne sont pas identiques

Les dimensions et les configurations varient. Les voyageurs ayant des besoins précis en matière d’espace, de salle de bain ou d’accessibilité devraient confirmer les détails avant leur arrivée.

L’emplacement réduit les besoins de transport

La majorité des visiteurs peuvent explorer le centre d’Ottawa sans voiture. Le Parlement, le marché By, le canal et plusieurs musées nationaux se trouvent à proximité.

Le stationnement est coûteux

Le service de voiturier est offert moyennant des frais supplémentaires et les places peuvent être limitées. Les voyageurs arrivant en train trouveront probablement plus simple de prendre un taxi ou un service de covoiturage que de louer une voiture.

Les animaux sont acceptés

L’hôtel accueille les chiens et les chats moyennant des frais et sous certaines conditions. Les animaux d’assistance sont admis sans les frais habituels applicables aux animaux de compagnie.

Des chambres accessibles sont disponibles

L’hôtel propose des chambres adaptées avec des portes plus larges, des interrupteurs abaissés et des barres d’appui dans les salles de bain.

Comme il s’agit d’un bâtiment historique, les personnes ayant des besoins précis en matière de mobilité devraient vérifier la configuration de la chambre et les déplacements à l’intérieur de l’hôtel avant de réserver.

Le thé de l’après-midi doit être réservé

Le service de thé attire autant les clients de l’hôtel que les résidents d’Ottawa. Une réservation à l’avance est fortement recommandée.


Le Château Laurier en vaut-il la peine?

Le Château Laurier ne convient pas nécessairement à tous les voyageurs.

Les clients qui privilégient les très grandes chambres contemporaines, le design minimaliste et les technologies les plus récentes pourraient préférer un hôtel de luxe moderne.

Les bâtiments historiques viennent avec des configurations irrégulières, des chambres parfois plus petites et quelques rappels que leur architecture n’a pas été conçue selon les attentes du 21e siècle.

Ce que le Château propose est toutefois beaucoup plus difficile à reproduire.

Son emplacement est exceptionnel. Son architecture est inséparable de l’identité d’Ottawa. Ses liens avec le chemin de fer, le Titanic, la politique canadienne et Yousuf Karsh lui donnent une profondeur historique que peu d’hôtels peuvent égaler.

Le meilleur séjour associe l’hôtel à la ville qui l’entoure.

On se réveille avec une vue sur le Parlement, on marche le long des écluses du canal Rideau, on visite les institutions nationales, puis on revient pour le thé de l’après-midi avant d’explorer les corridors lorsque les espaces publics retrouvent leur calme.

La valeur du Château dépend du tarif, de la catégorie de chambre et de la raison du voyage.

Pour une première visite à Ottawa, une occasion spéciale ou un séjour consacré à l’histoire canadienne, le Château offre quelque chose qui dépasse largement l’hébergement.

Il permet de dormir à l’intérieur de l’histoire.


Le voyage ferroviaire se poursuit

Le Château Laurier n’était qu’une expression d’une idée beaucoup plus vaste.

Partout au Canada, les compagnies ferroviaires ont construit des hôtels afin de transformer des paysages isolés, des villes en croissance et des capitales politiques en véritables destinations.

Le Château Frontenac s’est élevé au-dessus du fleuve Saint-Laurent. Le Royal York a ouvert ses portes face à la gare Union de Toronto. Le Fort Garry a accueilli les voyageurs à Winnipeg. Le Palliser a accompagné l’expansion de Calgary, tandis que le Banff Springs et le Château Lake Louise ont transformé les Rocheuses en icônes internationales.

Ensemble, ces hôtels racontent l’histoire du développement touristique du Canada.

Certains ont été construits par des compagnies ferroviaires rivales. Quelques-uns ressemblent à des châteaux européens, tandis que d’autres ont adopté le style des grands hôtels urbains ou des refuges de montagne.

Presque tous ont accumulé des visiteurs célèbres, des mystères architecturaux et des histoires de fantômes.

Le Château Laurier constitue le point de départ naturel de ce voyage.

Il se dresse à côté d’une ancienne gare ferroviaire, face au siège du gouvernement canadien, portant le nom d’un premier ministre et le rêve inachevé d’un homme qui n’est jamais revenu du Titanic.

Plus de 110 ans plus tard, les trains ont quitté la gare voisine, mais le Château est toujours là.

Et parfois, tard dans la nuit, quelqu’un frappe encore à la porte.


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Un séjour au Château Laurier peut s’intégrer à une escapade à Ottawa, à un voyage avec VIA Rail ou à un itinéraire plus complet reliant Montréal, Ottawa, Toronto et Québec.

Le choix de la bonne catégorie de chambre est important, particulièrement lorsque l’on compare les chambres standards, les vues sur le Parlement, les suites et l’expérience Fairmont Or.

Le séjour peut également comprendre des visites guidées du Parlement, des musées nationaux, du canal Rideau et des autres lieux historiques de la capitale.

ÆRIA Voyages peut organiser l’hôtel, le transport ferroviaire et l’itinéraire en fonction du rythme, des intérêts et des besoins d’accessibilité de chaque voyageur.

Yvan Junior Blanchette
Spécialiste des voyages et des croisières
ÆRIA Voyages
yvanblanchette@aeriavoyages.com
1 888 460-3388
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